Bébé refuse le biberon, que faire ? Partie 2 : Comment j’ai fait accepter le biberon à mon bébé !

En lisant le billet précédent vous aurez compris que j’ai vécu un vrai cauchemar à la veille de ma reprise du boulot puisque que mon bébé de 3 mois refusait catégoriquement le biberon.
Alors que j’avais (évidemment) acheté tous les biberons du monde. J’avais aussi essayé avec mon lait et du lait maternisé, avec du lait froid, tiède, chaud… Avec tétine en caoutchouc, silicone etc.
Et je ne comptais plus le nombre d’heures passées sur internet à chercher une solution !
J’ai même hurlé ma détresse plusieurs fois sur Instagram en recevant plus d’une centaine de messages de conseil, soutien, etc.

Donc à 15 jours de la reprise, je n’en menais pas large et j’ai passé une horrible période où j’imaginais un bébé pleurant de frustration dans les bras d’une nounou dévastée par la situation. Certaines supportent ce type de stress ? Et bien je n’en fais pas partie.
Sans être une ayatollah de l’éducation bienveillante, il n’est pas acceptable pour moi de laisser pleurer bébé quand on à la solution à portée de nénés.

Et voici les 3 étapes qui ont précédées la fin du refus du biberon par bébé : 1 conseil + 1 objet + 1 occasion

1- A l’heure du dernier bon conseil

Heureusement pour moi, des amies m’ont remis un peu les choses en place lorsque je les ai vues à cette époque.

Elles m’ont dit avoir connu la même chose et qu’il n’y avait pas 36000 solutions. En étant en crèche familiale, elles avaient aussi vu d’autres bébés allaités ayant le même souci, et que la maman pouvait faire ce qu’elle voulait : la situation ne se débloquait que lorsqu’on entrait « pour de vrai » dans la situation qui donnait lieu à la nécessité de ce biberon.

Donc en gros : tant qu’il existe un plan B, bébé est capable de se retenir et d’attendre.

Ca n’a rien de simple dit comme ça, surtout quand on est la maman du bébé en question. Mais elles m’ont clairement dit de ne pas gâcher mes derniers jours de congés avec la guerre du biberon. Car si je n’avais essuyé que des échecs jusqu’alors, ça n’était pas prêt de changer tout de suite.
Et si je payais une nounou pour s’occuper de mon p’tit bout, c’était aussi pour que ce soit à elle de gérer la crise du biberon lorsqu’on serait « dans le vrai ».

Et les écoutant… j’avoue que j’ai vu comme une lumière au bout du tunnel.

D’abord parce qu’elles étaient les premières à me dire de lâcher l’affaire et d’arrêter de me torturer. Car que ce soit de soi-même ou par les « conseils » de nos proches, il faut bien dire qu’on se met une pression de dingue avec cette histoire du biberon. Au point de manquer complètement de recul ! Or, on a parfaitement le droit de se déporter du problème en le confiant à quelqu’un d’autre (même si vous déconseille de le dire tel quel à une nounou ou responsable de crèche :P)

Ensuite parce qu’elles parlaient d’expérience et me « promettaient » un miracle dans les quelques jours qui suivraient la reprise du boulot.
Or, au point où j’en étais, j’étais prête à écouter n’importe quel marabout qui m’aurait promis « une solution immédiate et rapide » en échange d’un billet, vous voyez ?


Merci LaFilleQuiFaitDesBulles et PourquoiJeDeviensMere !

Après ça, je ne dis pas que j’en eu fini de mes angoisses, mais j’ai décidé de les croire et de vivre égoïstement la fin de mon congé mat.
Ce fut retour à l’allaitement à la demande et les biberons sont restés au placard !
(Bon, le fait que le bébé aie accepté les flans de lait maternel et que j’ai -discrètement- acheté des yaourts premier âge -au cas où- me rassurait aussi beaucoup.)

 

2 – LA PLONGEE DANS LE GRAND BAIN

Et puis j’ai (enfin) repris le boulot.
Ce serait difficile d’expliquer à quelqu’un qui ne l’a pas vécu ce que peut être ce grand changement qui conjugue l’ascenseur émotionnel du retour au bureau, l’abandon du p’tit bout d’chou ET le problème du biberon…
Se mélangent dans un immense maelström :

  • Le plaisir de faire autre chose que s’occuper du bébé
  • La honte d’abandonner ce petit être fragile
  • La joie de se sentir utile pour ce qu’on sait faire et pas juste pour sa poitrine
  • La peur que la petite meure de faim
  • La joie de revoir des collègues qu’on n’avait pas vu depuis plusieurs mois
  • L’angoisse d’avoir été placardisée
  • La joie de pouvoir prendre un café tranquillement et de discuter sans interruption
  • LA PEUR QUE LA PETITE REFUSE LE BIBERON (bis)

Pour moi l’expérience du 1er jour fut géniale, même si MissJ a refusé de manger (je l’ai raconté ici.) Mais les jours suivants la mauvaise conscience se faisait de plus en plus pressante. Du coup, chaque minute de tire-lait au bureau était comme un sacerdoce.

Car les jours passant, le « problème du biberon » ne disparaissait pas !
Toute cette semaine là, ma nounou a fait ce qu’elle a pu pour me rassurer et j’essayais de rentrer le plus tôt possible pour donner le sein à ma fille dès que possible.
Mais en dehors de ça, il fallait que la nounou appuie sur la tétine pour que le lait coule dans la bouche du bébé et que celle ci se retrouve à l’avaler.

Je donnais 4 biberons de 60mL à la nounou (équivalent présumé des tétées qu’elle faisait en journée) mais elle ne devait pas en avaler plus du tiers…
Je ne vous raconte pas l’angoisse le jour où le métro est tombé en panne durant mon retour

 

3 – Le jour du miracle,
ou quand la solution bis devient LA solution au problème du biberon.

Cette première semaine de garde a donc été très ambivalente car plus le retour à la normale s’imposait au bureau, et plus l’angoisse de voir ce bébé refuser sa nourriture la journée devenait un poids au quotidien.

Pour soulager ma nounou, j’ai acheté une tasse à bec « façon biberon » qui n’avait pas l’air de fonctionner. Et puis en traînant ma misère sur Amazon, j’ai fini par acheter une tasse à bec dur, selon le modèle qui m’avait été recommandé par une instagrameuse. Elle m’expliquait alors que ce type de bec était vraiment important car c’était différent de la tétine d’un bib’, mais aussi que le lait allait couler tout seul, ce qui éviterait les efforts de la nounou pour appuyer sur la tétine.

 

Cette tasse m’a sauvé la vie ! Merci Béaba <3
Tasse à bec Ellipse  BEABA – dispo ici à 8euro

Les premiers essais ont permis à ma nounou de constater que la petite ne se cambrait pas violemment en arrière lorsqu’elle lui proposait cette tasse (contrairement au biberon) et qu’il était un peu plus simple de la lui donner.
Or le lendemain, c’est mon mari qui a dû garder la petite à la maison.

J’avoue, j’avais la méga angoisse à cette idée car mon mari n’est pas le plus patient des mecs… surtout quand on lui braille dans les oreilles.
Je lui ai donc confié toute une panoplie de biberons remplis de lait maternel et ainsi 8 biberons différents et nos 2 tasses à becs.
Je suis partie au bureau en me noyant volontairement sous le taf pour ne pas y penser.
Pendant la moitié de la journée (comme chez sa nounou) la petite a parfaitement suivi ses habitudes de jeu et n’a pas fait attention à son estomac. Puis à midi, début de la crise : elle a commencé à chouiner pour signifier sa faim. Le papa a donc proposé la nouvelle tasse à bec avec du lait tiédi -puisque c’est ainsi que ça se passait le mieux avec la nounou- et, comme chez nounou, la petite a refusé. Le papa a donc laissé tomber le lait et recommencé à jouer avec elle, jusqu’à ce que les pleurs reviennent pour demander le lait.
Le jeu a ainsi continué plusieurs fois, l’idée étant de ne pas la forcer si elle n’y mettait pas du sien, mais de reproposer obstinément ladite tasse à bec. Petit à petit elle a commencé à boire (même si elle mettait en partie à côté.) Et il aura fallu 20minutes pour qu’elle finisse de boire cette tasse de 60ml.
Une victoire de papa.

Sauf qu’à la moitié de l’après-midi, MissJ a de nouveau chouiné pour avoir à manger et là… à peine le lait fut-il tiédi et présenté dans la tasse à bec que mademoiselle à littéralement siphonné les 60ml de lait présentés.
Le papa est resté sur le c*l !

A mon retour c’était LA nouvelle la plus importante du monde et, le lendemain, c’est emplie de fierté que j’ai annoncé la grande nouvelle à la nounou !

 

 

Fin de l’histoire :
quand bébé finit par boire au biberon

A la suite de ce tête à tête de 9h avec papa, bébé n’a plus fait d’histoire pour boire à la tasse à bec.
Et c’est là que la nounou a encore pris les devants en remplaçant (sur un coup de tête) la tasse par le biberon. Et surprise : MissJ a tout aussi bien siphonné ce biberon MAM qu’avec sa tasse à bec Beaba !

C’est comme si quelque chose s’était débloqué chez MissJ.

Je dois avouer, à ce stade de l’histoire, que je ne croyais que moyennement à ce miracle. Et pendant plus d’une semaine j’ai refusé d’en parler tellement je craignais que ce ne soit qu’une passade.

Mais non : le déclic avait bel et bien eu lieu.
Aussi frustrant que cela puisse être pour la maman, il a juste fallu en passer par un paquet de jours d’opposition, un objet transitionnel et la prévenance (en solo) du papa.
Le reste, c’est bébé qui l’a fait !

 

Donc maintenant quand on me demande comment faire accepter un biberon à un bébé allaité mes conseils sont :

  • ne le force pas tant que ce n’est pas le dernier moment.
    Soit bébé accepte facilement, soit tu t’épuiseras en préparant qqch qui arrivera finalement
  • utilise un objet de transition
    Pour éviter de vous braquer autour du biberon… et te rassurer par le fait qu’il y a quand même du lait.
    Cela peut etre un DAL, une soft cup ou comme moi la tasse à bec dur de Béaba
  • fais toi aider par des personnes aussi plus courageuse convaincue que toi
  • respectes ton choix 
    Passer au biberon c’est un choix, parfois imposé. Mais que tu y mettes ton lait ou du lait maternisé il faut croire en ce que tu imposes à bébé. Alors courage, même si c’est difficile, ne cherche pas à tricher, car arrives un moment où il faut affronter les pleurs. Désolée…

 

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