Arrêt maladie, maternage et isolement

J’ai cherché quel texte mettre sur cette photo mais je n’en ai pas trouvé. Pour moi elle résume assez bien ce qui fait mes jours ces temps ci…

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Cela fait un mois que je n’ai rien publié, parce que ça fait un mois que je n’ai rien su dire. En décembre dernier j’ai eut un épisode dépressif que j’ai su identifier très clairement et rapidement. Mais depuis un mois, qqch n’allait plus. Ça commence à changer, doucement, simplement.
À changer assez bien pour que je veuille sortir un peu de mon isolement et reprendre la parole ici.

Gaby va superbement bien et MissJ est une vraie tornade d’énergie.
Ça fait 2 mois et demi que notre petite famille tourne désormais à 4, et je suis ravie de l’équilibre qu’on s’est construit. Malgré les aléas de santé et les les aléas de la vie on est vraiment heureux.

Mais parfois, il faut savoir s’isoler et se concentrer sur ça ; pour se stabiliser et repartir du bon pied. Merci pour vos petits messages inquiet mais : « ça va ».
J’ai juste besoin d’un peu de temps pour digérer et pour profiter de ma gaby.

Je ne vais pas reprendre le boulot avant la fin de l’été et savoir qu’on est ensemble jusqu’à ces 6 mois me permets de me projeter de façon bien plus évidente et satisfaisante. Pour moi, maniaque de l’organisation et des agendas, c’est un sacré bon point d’ancrage 😋
Ça permet aussi de s’accorder le temps de se reposer et de digérer le post partum, le décès de mon grand père, l’anémie et les différentes choses qui marquent le climat assez bizarre de ce printemps.
Il m’arrive de pas quitter ma chambre de la journée ces jours ci, mais c’est cathartique, comme une petite immersion cocoon avant d’émerger.
Et d’ici juin j’aurais bien repris pied. Pied à pied justement 😏 Vous vous débarrasser pas de moi comme ça 😉

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15 jours après

Aujourd’hui ça fait 15 jours. 15 jours que j’ai « expulsé l’embryon ». Ou plus exactement, pour moi, que j’ai expulsé mon bébé mort.
16 jours que je suis sortie de l’hôpital en ne réalisant pas, en ne voulant pas croire. 16 jours que j’ai dû prendre cyctotec, saigner, saigner et encore saigner avant d’expulser en plusieurs fois ce qui dormait au fond de moi…
15 jours que j’ai fini par « accoucher » de cette masse flasque et pleine, en sachant ce que c’était, mais en ne le voulant réaliser… en ne voulant pas y penser.

Etonnamment, j’ai réussi à sortir la tête de l’eau moins de 2/3 jours après. Mais de là à dire que « c’était passé »… je n’en suis pas bien sûre.
Parfois les larmes venaient pour rien. Parfois c’est en repensant à diverses choses… la date présumée d’accouchement, les projets qu’on s’était autorisé à avoir.
Et d’autre fois, c’était en croisant des femmes enceintes ou avec des nourrissons.

Aujourd’hui, 15 jours plus tard, c’est mieux. Beaucoup mieux.
Sauf quand je croise une femme enceinte…
C’est bête mais je ne peux pas m’en empêcher : je me demande tout de suite à quel mois elles en sont, et à quel mois, moi, j’aurais dû en être.
Les larmes montent alors toutes seules et je dois les refréner.
Je m’engueule un peu moi même, en me disant que ce n’est pas en regardant vers le passé que je vais pouvoir avancer, mais quand même.

Et puis j’angoisse par avance !
Que va-t-il se passer à Noël cette année ? Si ma grossesse s’était correctement déroulée, j’aurais dû accoucher à ce moment là. Comment vais-je vivre ceci si je n’arrive pas à retomber enceinte à cette période ?
Bien sure c’est plus simple maintenant que quelques personnes sont au courant. Je sais qu’elles veilleront à m’aider à ne pas trop y faire attention…
Mais tout de même.

Cette fausse couche, c’est comme si on avait amputé une partie de ma vie… et la vie qui aurait dû suivre ces trois premiers mois de grossesse.
Ce n’est pas aussi douloureux que ce que l’on aurait pu croire, car je ne me morfond pas des heures et de heures à ce sujet. Mais quelque part, en moi, j’ai enterré une boite pleine de promesses déchues et de sentiments confus. Parfois la boite provoque des remous, mais j’essaye de l’oublier tout en sachant qu’elle est là.
Je me concentre vers la suite en croisant les doigts ; espérant retomber enceinte rapidement… tout en ayant fait le deuil de cette première grossesse avortée.

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