Quand la fin du congé maternité se profile

5 mois que ma Gaby est née.
5 mois que je suis « coincée » dans mon congé maternité. Je n’utilise pas ce mot au hasard car il résume très fort toute l’ambivalence qui est la mienne, à 15 jours de ma reprise du travail 🙄

J’ai quitté mon poste à la mi-janvier et le reprendrais avec tellement de plaisir dans 15 jours.
Parce que malgré tout l’amour que j’ai pour mes filles et le plaisir que j’ai eut a consacrer ce temps à mon nouveau né, cette grossesse et ces premiers mois auront été noircis par des contraintes qui m’ont tant pesé que je me suis naturellement coupée du reste et me suis tenue en retrait.

D’abord il y a eut les épisodes dépressifs durant la grossesse et après l’accouchement. C’est un sujet sur lequel j’ai pas mal écrit de mon côté mais dont je n’ai pas encore le courage de publier.
Puis il y a eut les hauts et les bas de santé, et enfin l’arrêt maladie de ma nounou qui m’a plongé malgré moi en H24 avec les filles 😨

Avec le recul je sais que j’ai apprécié ces mois au contact constant de mes filles, mais l’épuisement psychologique pèse tellement que j’ai hâte de retrouver un semblant d’équilibre psychologique à la rentrée.
C’est tellement présent que j’arrêterais l’allaitement exclusif aux 6 mois de Gaby (alors que MissJ y a eut le droit jusqu’à 22mois) car je sais ne pas pouvoir assumer les contraintes du tire lait au travail. J’ai besoin de reprendre du temps pour moi, et cela va passer par des vraies pauses déjeuner sans tire-lait. J espère ne pas le regretter plus tard mais comme je souhaite maintenir l allaitement le reste du temps, je ne suis pas trop inquiète.
J’essaye de faire mes choix en les assumant, mais je n’ai aucunement la prétention de dire qu’ils sont meilleurs que ceux des autres 😉

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Et tandis que j essaye de profiter de ces 15 derniers jours de « mère au foyer » j’ai hâte d’être à la rentrée ! Vivement le travail 🤪

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Arrêt maladie, maternage et isolement

J’ai cherché quel texte mettre sur cette photo mais je n’en ai pas trouvé. Pour moi elle résume assez bien ce qui fait mes jours ces temps ci…

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Cela fait un mois que je n’ai rien publié, parce que ça fait un mois que je n’ai rien su dire. En décembre dernier j’ai eut un épisode dépressif que j’ai su identifier très clairement et rapidement. Mais depuis un mois, qqch n’allait plus. Ça commence à changer, doucement, simplement.
À changer assez bien pour que je veuille sortir un peu de mon isolement et reprendre la parole ici.

Gaby va superbement bien et MissJ est une vraie tornade d’énergie.
Ça fait 2 mois et demi que notre petite famille tourne désormais à 4, et je suis ravie de l’équilibre qu’on s’est construit. Malgré les aléas de santé et les les aléas de la vie on est vraiment heureux.

Mais parfois, il faut savoir s’isoler et se concentrer sur ça ; pour se stabiliser et repartir du bon pied. Merci pour vos petits messages inquiet mais : « ça va ».
J’ai juste besoin d’un peu de temps pour digérer et pour profiter de ma gaby.

Je ne vais pas reprendre le boulot avant la fin de l’été et savoir qu’on est ensemble jusqu’à ces 6 mois me permets de me projeter de façon bien plus évidente et satisfaisante. Pour moi, maniaque de l’organisation et des agendas, c’est un sacré bon point d’ancrage 😋
Ça permet aussi de s’accorder le temps de se reposer et de digérer le post partum, le décès de mon grand père, l’anémie et les différentes choses qui marquent le climat assez bizarre de ce printemps.
Il m’arrive de pas quitter ma chambre de la journée ces jours ci, mais c’est cathartique, comme une petite immersion cocoon avant d’émerger.
Et d’ici juin j’aurais bien repris pied. Pied à pied justement 😏 Vous vous débarrasser pas de moi comme ça 😉

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Fausse couche : 7 mois (et une dépression) plus tard

Ce mois ci je n’ai pas pleuré quand j’ai appris que je n’étais pas enceinte.
Bien sûr, il y a eu cette frustration et ce vague à l’âme.
Mais plus de pleurs convulsifs ou de râles inarticulés et retenus.

Il m’arrive encore de penser à « s’il n y avait pas eu la fausse couche ».
Et je croise encore trop de femmes enceintes à mon goût.
Mais je n’ai plus cette rage au coeur devant celles qui ont ce à quoi j’échoue.
L’autre soir, il m’a fallu deux heures avant de réaliser que la femme avec qui je discutais était sans doute tombée enceinte en même temps que moi.

Je pense que je commence à surmonter cette fausse couche.

Et rien qu’à le dire, j’ai encore du mal à croire ce par quoi je suis passée.

J’ai eu le droit à chacune des étapes du deuil, et je commence doucement à fermer ce volet.
Mais il faut que j’en parle.
D’abord parce que ça m’aide. Mais aussi parce que je ne suis pas sûre qu’on puisse mesurer ce qu’on vit lors d’une fausse couche. Et encore moins soupçonner (ou admettre) la dépression qui vous guette et qui risque de vous pourrir à retardement

J’ai fini par aller voir une psy, et prendre des anxiolytiques.
5 mois après la FC, je pensais être passée par dessus ça et j’avançais.
Pourtant, en vrai, je n y arrivais pas à trouver les mots pour exprimer ce qui restait au fond de moi.
Que j’en sois consciente ou pas, il y avait ce bouillon de culture qui m’empêchait de penser juste, et qui a fini par m’empêcher même de penser tout court. J’étais enfermée et perdue dans ma propre tête.

Ca a commencé à s’exprimer doucement. Je n’avais plus de crise de larmes dès que je pensais à la fausse couche, mais des crises plus sournoises. Un petit mal-être au quotidien ; un inconfort que je pensais normal et pas forcement dû à la fausse couche.

Puis ça a été les crises d’angoisse qui s’invitaient sans que je comprenne bien pourquoi. A chaque fois, du mal à calmer sa respiration, les larmes qui débarquent et l’impression que plus rien ne va.
Ma situation personnelle et professionnelle en a beaucoup pâti et j’étais incapable de comprendre ce qui coinçait, quelle était la source de ce malaise.
J’étais incapable de le comprendre et de l’exprimer. 

Et puis un jour, je me suis effondrée à la médecine du travail.
J’y suis allée pour une visite prévue de longue date, et en 40 secondes, j’ai fondu en larme devant le médecin.
A la question « avez vous été arrêtée depuis la précédente visite » tout a craqué et ma cervelle a parlé à ma place.

J’ai eu la chance d’être reçue par une femme médecin qui a su quoi faire, et que me dire. Elle a mis des mots sur ce qu’il me manquait : le deuil, l’isolement, la frustration, la détresse… la dépression.

Et tout honteuse que j’ai pu être à ce moment là, ça m’a vraiment aidé.
Je me suis doucement réveillée et j’ai pris conscience de la situation où je m’enfermais.

Je n’avais pas su admettre que je n’allais pas bien. Je m’étais isolée.
Et pire : j’avais pallié à ce malaise par le travail, dans un contexte pro exsangue.
Et là, j’atteignais un point critique !

J’ai donc vu mon médecin ainsi qu’une psy.
(Et j’ai décidé de quitter mon job pour arrêter de m’empoisonner au quotidien avec un stress sur lequel je n’avais aucun contrôle.)
Je sais, c’est un peu radical.
Mais je peux vous dire que cela va beaucoup mieux.
M’arrêter et consulter m’a permis de souffler et d’être prise en charge.
Mettre des mots sur ce deuil
m’a permis de remettre les pieds sur terre, de comprendre ce qui m’empoisonnait.
Mettre fin à un contexte pro nuisible, me permet de reprendre ma vie en main et d’avoir (enfin) du recul sur des frustrations et des malaises que je m’imposais à tort.

Et maintenant, je regarde 2016 avec plus de confiance, et de paix.
Pourtant, mon bilan de santé n’est pas très clair, et je devrais sûrement m’inquiéter de ma situation pro.
Mais au contraire. Je me sens mieux !

 

J’ai eu envie de vous raconter tout cela car j’aurais aimé que quelqu’un m’avertisse et m’aide à comprendre.
Cet article, c’est ma façon d’avertir les autres. 

J’ai déjà eu plusieurs messages de filles ayant découvert ce blog après une fausse couche.
Alors pour celles-ci, et les prochaines : prenez soin de vous : parlez !

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