L’allaitement et son ambivalence des débuts

A default de vous parler des problèmes de santé et du manque de sommeil, j’ai envie de vous parler de l’allaitement aujourd’hui.
Parce qu’avec ce qui est arrivé, l’allaitement était loin d’être une affaire gagnée d’avance ! Et aujourd’hui, malgré tous les soucis « techniques » que cela m’impose, je suis quand même ravie d’avoir relevé ce challenge.
Pour faire dans le détail pas glam’, je dirais même que « rien ne me réjouit plus qu’une couche pleine de caca jaune d’or » !

Et pourtant l’allaitement n’était pas un choix viscéral chez moi.
Je me suis toujours dit, qu’à choisir, j’allaiterais ; mais plus l’échéance approchait, et plus l’allaitement me faisait peur…

Quand on en parlait avec les sages femmes ou les autres futures mamans je disais : “j’ai des raisons raisonnables de vouloir allaiter (praticité, économie, naturalité, bénéfices santé) mais des freins émotifs à l’idée d’allaiter».
Le côté « animal » de l’allaitement me mettait particulièrement mal à l’aise, ainsi que la réduction en esclavage (voyant le rythme des tétées des petits de moins de 2 mois) – et je ne vous parle même pas de la situation un peu gênante qui existe dans le fait de donner la tétée en public.

J’ignore pourquoi mais toutes ces craintes se sont envolées dès que j’ai récupéré mon bébé!
J’étais très frustrée de ne pas avoir pu donner la tété de bienvenue et je n’ai pas chercher bien loin quand le personnel hospitalier me l’a collé au sein. Dans les premiers jours de la maternité je trouvais même ça « facile » d’avoir à la mettre au sein avant de lui donner des complètements.

Car il faut bien dire ce qu’il en est : au final je n’ai pas « choisi » d’allaiter. C’est l’équipe de la maternité qui m’y a poussé sans que je n’y réfléchisse… ou ne m’y oppose à aucun moment (même quand ils m’ont apporter le tire-lait, c’est dire :p)

Par contre sans mon mari et le support de la sage femme à domicile, je ne crois pas que j’aurais tenu. Car si j’ai vite vu que l’allaitement était meilleur pour elle (je vois qu’elle a beaucoup moins de coliques ou d’angoisse avec le sein), le retour à la maison a été particulièrement dur !

Heureusement pour moi l’équipe des bluets a très tôt pris les choses en main (dès mon transfert vers l’autre hôpital) pour qu’on puisse réussir ensemble. Le papa a pratiquer le peau à peau dès le départ et donné à mangé à la pipette. Moi même j’ai fait beaucoup de peau à peau, de tétée « à vide », de tétée avec sonde de complément, d’utilisation du tire lait pour pousser la lactation etc…
Lors de mon départ de la maternité l’une des conseillères en lactation m’a confié qu’elles s’étaient promis de batailler pour me permettre d’allaiter.

Et à presque 1 mois de la petite on peut considérer que c’est gagné ! Mais que d’efforts pour en arriver là !

Je n’ai pas envie de me rappeler de ces diverses nuits où j’ai fondu en larme, persuadée que je n’aurais pas assez de lait pour nourrir mon bébé. Ni les douleurs que j’ai enduré avant de comprendre quelles positions adopter (ou corriger). Et je ne vous parle pas de la routine « tété-change-tire-lait » qui a réduit plusieurs de mes journées à celle d’une vache d’usine 🙁

Aujourd’hui je ne doute plus (de mon lait, de ma capacité à donner le sein, etc…). Quand bien même j’ai toujours des petits bobos. Et j’adore regarder l’air satisfait et « ivre de lait » de ma fille en fin de tété.

Et c’est là toute l’ambivalence de l’allaitement : tu es contraintes (car c’est physiquement fatiguant, psychologiquement usant et ça vous isole) , mais en même temps c’est très satisfaisant et ça crée une grande proximité/addiction avec bébé !

Continuer d’allaiter est désormais MON choix et il se résume particulièrement bien dans la photo qui illustre ce statut 😉

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