Du fait de bloguer en attendant une grossesse

Le fait d ecrire me fait du bien et me delivre du plus gros de mes angoisses. Je pense que c est assez clair quand on découvre ce blog, non ?

Quand on cherche à tomber enceinte, on est toujours assez fébrile. On croise les doigts, on écoute son corps, on voit « des signes ».

Mais quand on essaye de tomber enceinte depuis 3 ans, je peux vous dire que ces lubies commencent à vous peser. Pire que ca, cela vous remet sans cesse en question ! Est ce que l on peut faire confiance a son corps, ou se faire confiance, quand on vit chaque mois les impressions et espérances de la grossesse? Est il simple de comprendre à quel point la deception mensuelle peut etre un calvaire à vivre, et ce chaque mois apres s être laissé enflammée   par l espoir ?

Car même avec « l’habitude » des verdicts mensuels, on aime se laisser aller à l’esperance et lerêve  d’une grossesse annoncée. 

La derniere semaine avant les regles est toujours une phase critique. On a envie d’y croire, et on s emballe devant des petits rien. Pourtant en 3 ans d’essais, on a eut un paquet d occasions pour constater que ces petits rien ne sont effectivement « rien »… Mais on a envie d y croire, presque malgre soit… C’est la grande bataille Inconscient VS conscience.

Alors au plus haut de l emballement, ou au plus bas du moral, j ecris ici.

C est un peu mon journal de non-grossesse ;  mais c est surtout mon tiroir à espoir et tristesse. Car une fois que j y ai jeté ce que j ai sur le coeur, je me sens plus calme, un peu moins investie. 

Et chose etrange pour un blog : je n y ai pas besoin de commentaires. Car j’ai investi cet espace autrement. C est un peu « ma meilleure amie imaginaire », celle à qui je confie ce qui déborde.

Je viens ecrire ici quand l envie de me confier ou de partager qqch devient trop forte, et que je n ai pas le courage d en parler à ma mère, mes copines ou mon mari.

Du coup c est un peu decousu, pas mis en forme, corrigé ou meme illustré. Mais ca ne me gene pas.
Peut etre qu un jour ce blog sera un « blog de maman » classique. Mais en attendant c est plutot ma confidente imaginaire avec la part que vous lui apportez (ou pas)

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Ce qui vous arrive quand on cherche désespérément une cause à sa stérilité…

Vous savez quoi ?
Je ne suis toujours pas enceinte !
Indeed. Sinon vous pensez bien que je ne commencerais pas ce billet avec un titre pareil.

Par contre je suis en paix avec moi même.
Je suis passé par tellement de choses depuis le mois d’octobre dernier, et pour un résultat si dérisoire, qu’il m’a semblé être temps de faire un billet racontant tout cela.
Je ne peux pas m’empêcher de me dire que mon expérience pourra en aider d’autres -tandis que mettre des mots sur tout cela m’aidera à clore ce drôle de chapitre. Car même si le mot sterilité est un peu fort, j’ai fais pas mal d’effort pour essayer de comprendre pourquoi je n’arrivais pas à tomber enceinte depuis ma fausse couche.

Voici donc le récit d’une drôle d’enquête médicale…

Le contexte

Pour rappel, j’ai fait une fausse couche en mai. Le cœur du fœtus a arrêté de battre et je suis passé à 2 doigts du curetage.
Les médicaments ont suffit et le médecin urgentiste (comme mon médecin spé) ont contrôlé que je n’avais pas de séquelles.
Mon spécialiste m’a ainsi vu en juillet et m’a dit qu’on se reverrait le printemps prochain, si je ne retombais pas enceinte, pour débuter une PMA.
Je suis alors rentrée chez moi penaude, pensant que je passerais par dessus tout ça… alors que j’ai joyeusement commencé une dépression (mais ça c’est une autre histoire).

Arrivée en septembre mes cycles recommençaient à prendre un rythme normal mais je faisais connaissance avec les syndromes prémenstruels.
Je n’en avait jamais eut avant mais là, c’est comme si mon corps avait décidé de me faire rattrapé les 30 dernières années de souffrance !
Pire que ça : mes seins et le bas du ventre devenait douloureux 2 fois par mois, à l’ovulation et juste avant les règles.
Et quand je parle de douleur … je parle de vraie douleur ! A vous plier en deux et à rester constamment à votre esprit. Je prenais deux bonnets chaque mois et des maux de tête  ont commencé à poindre aux mêmes moments.
Et, cerise sur la gâteau, j’ai commencé à saigner légèrement au moment de l’ovulation

 

La course aux examens

Etant un peu perdue (et angoissée), j’ai fini par aller voir mon médecin généraliste.
J’avoue qu’il a surtout vu la dépression poindre derrière ces symptômes. Mais il a quand même commencé à regarder ce qui se passait en prescrivant quelques examens

  • J’ai donc commencé par une prise de sang pour vérifier les dosages hormonaux.
    Et là, surprise : la progestérone et la prolactine n’allaient pas.
  • On a donc refait une seconde prise de sang (de contrôle) et ça ne correspondait toujours pas à la phase où je me trouvais (phase lutéale).
  • Pour vérifier ce qui se passait,  je suis aller faire une échographie pelvienne.
    A première vue tout était normal suite à la fausse couche. Par contre, mes ovaires présentaient des kystes semble t ildu sang.
    Par ailleurs, l’échographiste pensait voir (aussi) un début de fibrome sur l’utèrus. Il a donc recommandé une IRM
  • Là dessus, mon médecin m’a expliqué qu’il y aurait 2 IRM à faire. Une IRM pelvienne, pour vérifier les ovaires, et une IRM cérébrale pour vérifier l’hypothalamus.

J’ai donc pris rendez vous avec un peu d’appréhension. Mais en même temps, j’étais plutôt contente d’avoir mis le doigt sur la cause probable de notre infertilité.
C’était plutôt pratique, voyez vous, d’avoir enfin une cause / explication !

  • Je suis donc aller faire l’IRM pelvienne sans m’inquiéter.
    Sur place j’ai trouvé l’examen un poil long et la machine assez inconfortable. Mais je suis d’un naturel ultra patient avec le corps médical, et tout c’est super bien passé.
    A la fin de l’examen le spécialiste est venu me dire que tout était normal et qu’il n’y avait rien à craindre de ce côté.
  • Le lendemain je suis aller faire l’IRM « de mon cerveau ».
    Je vous passe ici la petite histoire drôle mais, si j’avais un soupçon d’inquiétudes quant aux résultats,  j’étais surtout terrifiée à l’idée que mes implants dentaires puissent réagir à l’IRM – et faire sauter la machine (oui, je suis une traumatisée de Dr House).
    Finalement pas de soucis avec mes implants et je confirme que l’IRM de la tête est déstabilisante (même quand on est pas claustro). Le fait d’avoir un cathéter pour envoyer un liquide de contraste n’est pas non plus « au top du conforte», mais on fait avec.
    Comme la veille, à la fin de l’examen le spécialiste est passée me voir pour m’annoncer les résultats. Heureusement, tout était bon (même que j’ai la tête bien faite :p).

Je ne saurais pas trop vous expliquer quel effet cela fait…
Vous êtes soulagée de savoir que tout est comme il faut, et en même temps perplexe de voir qu’il n’y a pas d’explications à votre soucis d’hormones.
En quelque sorte on se sent frustrée de ne pas avoir de boucs émissaire à l’absence de grossesse :/

  • Entre temps mon médecin m’avait demandé de refaire les prises de sang (au même moment du cycle) pour voir si le problème perdurait.
    On était en plein période des fêtes de fin d’année et je suis allée dans un autre labo d’analyse.
    Là bas on m’a dit qu’il fallait plutôt faire ces analyses vers 10h du matin et pas forcement ajeun (alors que pour les précédente je devais venir à 7/8h en étant ajeun). Allez comprendre …
    Au final, on obtenu les mêmes résultats : pic de prolactine 5 jours avant les règles, suivi d’une chute de la progestérone le lendemain
  • De retour chez mon médecin généraliste (avec ma collection de résultats) j’ai connu le plus grand moment de solitude de toute cette histoire. Car pour être clair … il n’en menait pas large puisqu’il ne comprenait pas ce qui se passait. Il m’a donc dit que ça allait venir maintenant tout seul (vu que je sortais par ailleurs de depression) et qu’il n’y avait plus qu’à…

Sauf qu’entre temps, j’avais toujours mal et que j’ai recommencé à saigner en plein cycle !
Alors même si mon spécialiste de la fertilité m’a dit qu’on avait pas besoin de se voir avant la PMA… je me  suis décidée à prendre RDV avec lui. Quitte à passer pour une dingue qui somatise !

  • Et ça n’a pas raté, quand mon spécialiste m’a vu arrivé avec mon mari et mes examens sous le bras, il a été plutôt surpris. Car pour lui, même si ces pics et chutes hormonales sont au dessus des moyennes, ils sont parfaitement normaux !  A son sens l’ensemble de ces examens étaient superflu !
    Car ces douleurs au bas vente, les seins douloureux 2 fois par mois et les céphalées,  c’est un symptôme assez classique de dérèglement hormonal lié au manque de progestérone en fin de cycle !
    Il m’aurait suffit de lui en parlé à l’automne pour qu’il fixe le problème avec un substitut en cacher à prendre sur les 10 derniers jours du cycle ! 

Oui : C’ETAIT JUSTE CA !

Bilan

Donc non, je ne suis pas folle : il y a bien un petit souci ! Celui ci peut s’expliquer par la prise de poids mais aussi les suites de la grossesse.  En l’état il n’y avait pas de quoi s’alarmer… il fallait juste en parler à la bonne personne.
J’ai donc un médicament à prendre pendant 10 jours à partir du 15jours du cycle. Par ailleurs  je dois faire attention à ne pas prendre plus de poids (voir à en perdre si cela est possible)

Pour tout vous dire, ce médicament ne m’empêche pas d’avoir les seins douloureux deux fois dans le mois, et je ne suis toujours pas enceinte. Par contre je n’ai plus de migraine et moins de douleur au ventre.

 

Mais surtout, j’ai l’impression d’avoir tous les signaux au vert pour une future grossesse.
Même si j’ai pas mal pleuré en fin d’année dernière (à l’époque où j’aurais du accoucher), j’ai l’impression de m’être enfin remise de ma fausse couche, et d’avoir pris un nouveau départ.
Le passage par tout ces examens a été un peu lourd, mais dans le brouillard où j’étais à cette époque, je pense que cela explique ce qui m’a pousser à faire ces examens (et y croire) sans me poser plus de soucis !

Heureusement tout était pris en charge par la sécu et ma mutuelle. Mais je  ne peux pas m’empêcher de penser qu’un second avis médical devrait être systématique dans le suivi de la stérilitéPas pour mettre en doute ce qu’on vous dit, mais pour éviter les écueils et compléter les avis selon les spécialités.

 

 

Quant à moi j’ai mis tout ça de coté et j’avance bonnant malant.
De l’avis de mon spécialiste (et de mon médecin), il n’y a plus qu’à !
(et si jamais il ne s’est rien passé d’ici juin… et bien on en passera par la PMA…)

 

J’espère que ce petit récit aura su se montrer quand même intéressant.

J’avais envie de partager cette drôle d’expérience et vous donner aussi des nouvelles.
Pour le reste « on croise les doigts »

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Fausse couche : 7 mois (et une dépression) plus tard

Ce mois ci je n’ai pas pleuré quand j’ai appris que je n’étais pas enceinte.
Bien sûr, il y a eu cette frustration et ce vague à l’âme.
Mais plus de pleurs convulsifs ou de râles inarticulés et retenus.

Il m’arrive encore de penser à « s’il n y avait pas eu la fausse couche ».
Et je croise encore trop de femmes enceintes à mon goût.
Mais je n’ai plus cette rage au coeur devant celles qui ont ce à quoi j’échoue.
L’autre soir, il m’a fallu deux heures avant de réaliser que la femme avec qui je discutais était sans doute tombée enceinte en même temps que moi.

Je pense que je commence à surmonter cette fausse couche.

Et rien qu’à le dire, j’ai encore du mal à croire ce par quoi je suis passée.

J’ai eu le droit à chacune des étapes du deuil, et je commence doucement à fermer ce volet.
Mais il faut que j’en parle.
D’abord parce que ça m’aide. Mais aussi parce que je ne suis pas sûre qu’on puisse mesurer ce qu’on vit lors d’une fausse couche. Et encore moins soupçonner (ou admettre) la dépression qui vous guette et qui risque de vous pourrir à retardement

J’ai fini par aller voir une psy, et prendre des anxiolytiques.
5 mois après la FC, je pensais être passée par dessus ça et j’avançais.
Pourtant, en vrai, je n y arrivais pas à trouver les mots pour exprimer ce qui restait au fond de moi.
Que j’en sois consciente ou pas, il y avait ce bouillon de culture qui m’empêchait de penser juste, et qui a fini par m’empêcher même de penser tout court. J’étais enfermée et perdue dans ma propre tête.

Ca a commencé à s’exprimer doucement. Je n’avais plus de crise de larmes dès que je pensais à la fausse couche, mais des crises plus sournoises. Un petit mal-être au quotidien ; un inconfort que je pensais normal et pas forcement dû à la fausse couche.

Puis ça a été les crises d’angoisse qui s’invitaient sans que je comprenne bien pourquoi. A chaque fois, du mal à calmer sa respiration, les larmes qui débarquent et l’impression que plus rien ne va.
Ma situation personnelle et professionnelle en a beaucoup pâti et j’étais incapable de comprendre ce qui coinçait, quelle était la source de ce malaise.
J’étais incapable de le comprendre et de l’exprimer. 

Et puis un jour, je me suis effondrée à la médecine du travail.
J’y suis allée pour une visite prévue de longue date, et en 40 secondes, j’ai fondu en larme devant le médecin.
A la question « avez vous été arrêtée depuis la précédente visite » tout a craqué et ma cervelle a parlé à ma place.

J’ai eu la chance d’être reçue par une femme médecin qui a su quoi faire, et que me dire. Elle a mis des mots sur ce qu’il me manquait : le deuil, l’isolement, la frustration, la détresse… la dépression.

Et tout honteuse que j’ai pu être à ce moment là, ça m’a vraiment aidé.
Je me suis doucement réveillée et j’ai pris conscience de la situation où je m’enfermais.

Je n’avais pas su admettre que je n’allais pas bien. Je m’étais isolée.
Et pire : j’avais pallié à ce malaise par le travail, dans un contexte pro exsangue.
Et là, j’atteignais un point critique !

J’ai donc vu mon médecin ainsi qu’une psy.
(Et j’ai décidé de quitter mon job pour arrêter de m’empoisonner au quotidien avec un stress sur lequel je n’avais aucun contrôle.)
Je sais, c’est un peu radical.
Mais je peux vous dire que cela va beaucoup mieux.
M’arrêter et consulter m’a permis de souffler et d’être prise en charge.
Mettre des mots sur ce deuil
m’a permis de remettre les pieds sur terre, de comprendre ce qui m’empoisonnait.
Mettre fin à un contexte pro nuisible, me permet de reprendre ma vie en main et d’avoir (enfin) du recul sur des frustrations et des malaises que je m’imposais à tort.

Et maintenant, je regarde 2016 avec plus de confiance, et de paix.
Pourtant, mon bilan de santé n’est pas très clair, et je devrais sûrement m’inquiéter de ma situation pro.
Mais au contraire. Je me sens mieux !

 

J’ai eu envie de vous raconter tout cela car j’aurais aimé que quelqu’un m’avertisse et m’aide à comprendre.
Cet article, c’est ma façon d’avertir les autres. 

J’ai déjà eu plusieurs messages de filles ayant découvert ce blog après une fausse couche.
Alors pour celles-ci, et les prochaines : prenez soin de vous : parlez !

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L’espoir fantôme

Il y a la conscience qui dit de ne pas m’emballer, et il y a des symptômes interprétés parfois comme ci, parfois comme ça.
Il y a surtout cette douleur dans les seins qui va, qui vient ; et qui va jusqu’à être douloureuse.
Et puis il y a l’espoir, le calendrier qui s’avance …
Enfin, la décision d’être fixée. Dans un sens comme dans l’autre. Même si c’est encore un peu tôt.

On dégaine alors le test de grosses à J-3, car on ne voit toujours pas les petites taches qui annoncent habituellement les règles. Et surtout… on commence «  à s’y croire ».
Alors autant être fixé.

Et puis le résultat  est là :
« toujours pas ».

A partir de là, et comme par miracle, je découvre une première micro tache de sang. Je ressent moins mes seins et des légères douleurs s’invitent au creux du dos.

Ce n’est pas que je ne voulais pas les voir.
C’est comme ci la réponse du test laissait le corps s’exprimer. Ou alors, il a suffit d’une nuit au corps pour se décider entre les symptômes prémenstruels et les symptômes d’une grossesse.
Allez savoir.

C’est lourd. Surtout pour quelqu’un qui n’avait pas, avant, de symptômes prémenstruels.

 

Quoiqu’au moins, je remarque que la déception est moins vive que le mois dernier (ou alors je n’ai pas encore le contrecoup ?)
Et je suis même contente d’être fixée.

Pourtant …
Pourtant un espoir à la con reste en embuscade ! Minute par minute, il se nourrit de tout indice qui pourrait laisser penser que « oui mais peut être que ».
J’en viens même à souhaiter que le sang se mettre à couler, là, tout de suite, pour avoir la preuve définitive que je suis putain de pas enceinte !

S’en est indécent d’avoir l’espoir (ou l’envie) chevillé ainsi au corps.
Et toujours, il va falloir attendre.

Attendre de voir les rouges débarquer et tuer cet espoir qui ne sert à rien.
Attendre le début d’un nouveau cycle fertile.
Attendre pour croire.
Attendre pour espérer.
Attendre pour vérifier.
Attendre pour savoir.

Pourquoi n’y a t il pas un bouton « off » mettant espoir et cerveau en stand-by pendant tout ce temps ?

Quand je me replie sur moi même, j’ai l’impression que tout ce temps est dépensé pour rien.

Pourtant j’essaye d’investir ce temps à autre chose.
Vraiment.
Mais il semble que j’y échoue.
Et toujours les doutes qui restent là …
« C’est dans la tête”,  « est ce que vous les voulez vraiment », « est ce qu’on est sûr que tout a été vérifié » ? 

 

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3 mois et demi plus tard

Aussi étrange qu’il y paraisse, je me sens plus mal aujourd’hui que 15 jours après cette fausse couche. Ce ne sont pas les mêmes émotions, ni les mêmes sentiments. C’est différent, et quelque part plus pernicieux. Moins continu, plus profond. Comme si la douleur et la peine s’étaient mués en une forme de désespoir désabusé.
Un regard voilé qui vous permet de voir les choses calmement mais avec  une étrange amertume, qui va et qui vient.
Vous êtes bien là pour voir la vie continuer, mais vous êtes comme « à côté de votre corps ».
Vous avancez votre bonhomme de chemin, au gré du quotidien, mais aussi des naissances chez les autres, des étapes de grossesse chez les autres, et de votre corps qui reprend petit à petit son rythme mensuel sans jamais vous annoncer la nouvelle que vous espérez encore plus qu’avant.

C’est court 3 mois.
Pourtant ça m’a suffit à reprendre la normale, et espérer.
Et être déçue.
Puis ré-espérer.
Contrairement à avant, je ressens la période d’attente beaucoup plus profondément.
Je ne connais plus simplement la déception au retour des règles. Je suis aussi habitée par un espoir si ardent qu’il en est presque affamé. Au point qu’il m’arrive réellement de croire que je suis enceinte.
Ce n’est plus juste des « si » et « l’impression que »… C’est l’idée intime de sentir que son corps amorce un début de vie.

Mais ce mois ci, comme le précédent, je pense que ce n’est qu’un cerveau malade qui se berce d’espoirs vivaces pour échapper à un deuil toujours moyennement assumé et une situation d’échec toujours plus intolérable.

Et pourtant, je sais bien que cela ne fait même pas 4 mois.

Mais ces presque 4 mois, ce fut la durée de cette grossesse.
Et 4 mois, c’est long quand on y pense. Surtout lorsqu’on s’y investit et qu’on en vit chaque minute.

Est ce qu’on peut vraiment « guérir » de cela tant qu’on ne retombe pas enceinte ?
J’aimerais le croire, mais cette envie va et vient au gré des vagues d’espoir et de déprime.

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15 jours après

Aujourd’hui ça fait 15 jours. 15 jours que j’ai « expulsé l’embryon ». Ou plus exactement, pour moi, que j’ai expulsé mon bébé mort.
16 jours que je suis sortie de l’hôpital en ne réalisant pas, en ne voulant pas croire. 16 jours que j’ai dû prendre cyctotec, saigner, saigner et encore saigner avant d’expulser en plusieurs fois ce qui dormait au fond de moi…
15 jours que j’ai fini par « accoucher » de cette masse flasque et pleine, en sachant ce que c’était, mais en ne le voulant réaliser… en ne voulant pas y penser.

Etonnamment, j’ai réussi à sortir la tête de l’eau moins de 2/3 jours après. Mais de là à dire que « c’était passé »… je n’en suis pas bien sûre.
Parfois les larmes venaient pour rien. Parfois c’est en repensant à diverses choses… la date présumée d’accouchement, les projets qu’on s’était autorisé à avoir.
Et d’autre fois, c’était en croisant des femmes enceintes ou avec des nourrissons.

Aujourd’hui, 15 jours plus tard, c’est mieux. Beaucoup mieux.
Sauf quand je croise une femme enceinte…
C’est bête mais je ne peux pas m’en empêcher : je me demande tout de suite à quel mois elles en sont, et à quel mois, moi, j’aurais dû en être.
Les larmes montent alors toutes seules et je dois les refréner.
Je m’engueule un peu moi même, en me disant que ce n’est pas en regardant vers le passé que je vais pouvoir avancer, mais quand même.

Et puis j’angoisse par avance !
Que va-t-il se passer à Noël cette année ? Si ma grossesse s’était correctement déroulée, j’aurais dû accoucher à ce moment là. Comment vais-je vivre ceci si je n’arrive pas à retomber enceinte à cette période ?
Bien sure c’est plus simple maintenant que quelques personnes sont au courant. Je sais qu’elles veilleront à m’aider à ne pas trop y faire attention…
Mais tout de même.

Cette fausse couche, c’est comme si on avait amputé une partie de ma vie… et la vie qui aurait dû suivre ces trois premiers mois de grossesse.
Ce n’est pas aussi douloureux que ce que l’on aurait pu croire, car je ne me morfond pas des heures et de heures à ce sujet. Mais quelque part, en moi, j’ai enterré une boite pleine de promesses déchues et de sentiments confus. Parfois la boite provoque des remous, mais j’essaye de l’oublier tout en sachant qu’elle est là.
Je me concentre vers la suite en croisant les doigts ; espérant retomber enceinte rapidement… tout en ayant fait le deuil de cette première grossesse avortée.

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La frustration du désir d’enfant

On a beau faire « comme si de rien était », et ne surtout pas en parler aux copines ou à la famille, il y a toujours un moment où le désir de grossesse est si fort qu’il devient une espèce de boule noire qui ne nous quitte plus.


Ça reste là, logé au creux du ventre, discrètement mais sournoisement.

On a beau tacher de penser à autre chose, il y a toujours ces 5 minutes de calme où notre cerveaux ne pense à rien de précis et où La frustration nous envahit d’un coup.
« Je veux un enfant », « mais pourquoi ne suis-je pas encore enceinte » « c’est quoi mon problème » « pourquoi je n’arrive pas à être enceinte » « je VEUX un bébé »

C’est comme une pomme de discorde qui s’invite entre nos bonnes résolutions (« arrête d’y penser ça viendra quand il faudra »)  et le calme qu’on affiche en façade (« oh tu sais, ça viendra quand ça viendra, on se met pas la pression »).
On régresse alors jusqu’à l’âge du caprice, incapable d’accepter la frustration qui est la nôtre. Les « pourquoi », les « c’est pas juste » tourne dans la tête au point de faire monter les larmes aux yeux.

Et pourtant, on sait …
On à moins de 30% de chance de tomber enceinte dès la première année. La première grossesse est souvent la plus longue à venir. Passé 30 ans c’est souvent dans la tête que les choses doivent se calmer avant que « ça marche ».
Mais là tout de suite je n’ai pas trente ans : j’ai 6 ans et je VEUX ce que je désir !

Je veux me savoir enceinte, prête à accueillir un nouvel être qui donnera le vrai nom « famille » à ma cellule familiale actuelle.
Je VEUX ce qu’on toutes les femmes enceinte autour de moi.
Oui, même les nausées, la fatigues et les interdictions alimentaires…

Je veux cette promesse de vie qui grandis en soit et qui sera un jour blottis au creux de nos bras.

J’aimerais être plus calme et plus pondérés mais lorsque la frustration m’attrape alors que je fais tant d’efforts pour laisser les choses venir d’elles même, j’étouffe.
Je pleure.
Je rage.

Et je me calme…
Je tâche d’attendre en faisant taire cet espoir brulant qui mute régulièrement en impatiente et en frustration.

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